Sortir Google de sa vie, le guide des Canadiens qui boycottent les USA

Quitter Google pour de bon. Guide.

Que Trump débaptise le lac Ontario était peut-être la goutte de trop pour vous, et c’est le moment de couper les ponts avec Google. D’autres gens ont pris en grippe les géants américains du web depuis bien longtemps et ont déjà bâti leur radeau de secours. Naviguez avec moi dans le monde des solutions internationales, les logiciels libres, et les suites de software méconnues qui pourront vous permettre de tirer un doigt d’honneur aux Teams et Google de ce monde. Sans perdre la carte!


(Voyez aussi ma chronique sur la question sur les ondes de Radio-Canada Toronto!)

Quitter le GAFAM, ça commence avant-même le www.

Le navigateur que vous utilisez en ce moment pourrait bien avoir des liens avec les États-Unis. Chrome est une solution de Google. Quant à Safari et Edge, ce sont des solutions américaines qui fonctionnent sur Chromium, un projet de navigateur web libre majoritairement développé et maintenu par Google. Si vous voulez un navigateur web qui protège vos données et qui n’a vraiment pas de lien avec ce mastodon, vous pouvez regarder du côté de Firefox. Mais attention : il est Américain.

Ce graphique par @kylepwpofficial, le créateur de PurchasewithPurpose.io (achetez avec intention) montre bien le diagramme de Venn dans lequel on peut distribuer différentes offres de navigateurs web selon les critères de collecte de données, de la simplicité d’utilisation sur téléphone et du détachement avec Google.

diagramme de Vienne dans lequel on peut distribuer différentes offres de navigateurs web selon les critères de collecte de données, de la simplicité d'utilisation sur téléphone et du détachement avec Google.

Diagramme du purchaseWithPurpose.io

On peut se tourner vers Waterfox (Royaume-Uni) et Vivaldi (Norvège). Voyez d’autres graphiques du genre sur le boycottage des produits web américains sur son profil Threads.

Si vous êtes une personne très autonome dans vos recherches vous serez à un pas du reste de votre transition web à votre rythme, et selon les limites que vous vous imposez. Gardez-vous toutefois de continuer l’exploration sur Google!

Choisir un moteur de recherche dé-googlé

Est-ce que vous allez privilégier une solution qui respecte l’anonymat des utilisateurs? DuckDuckGo se démarque en la matière, mais c’est une solution américaine. Il y a plusieurs critères à considérer dans le choix d’un outil non américain.

Est-ce que l’indexation du contenu de l’Internet d’un moteur est partiellement basée sur celle de Google, ou entièrement, ou pas du tout? La ressource garde-t-elle des informations de navigation d’utilisateurs en mémoire à des fins publicitaires?

Dans l’offre des moteurs de recherche il y en a aussi qui font œuvre écologique pour faire la balance de leur dépense énergétique pour le fonctionnement. Est-ce que c’est important pour vous ou simplement un «nice to have»? Sachez qu’il y a plus de 6 milliards de recherches qui sont faites chaque jour sur les moteurs de recherche. Le coût en CO2 n’est pas à sous-estimer pour entretenir cette infrastructure[1]. Ecosia tente de renverser la vapeur en offrant des services de recherche web compensés par le plantage d’arbre dans toutes ces régions.

Sinon, le moteur de recherche français Qwant se démarque en offrant un index qui ne dépend pas de Google (il dépend de Bing et du propre travail de l’organisation).

Essayez-les! Vous m’en direz des nouvelles en commentaire.

Les logiciels productifs sans Google. Au travail, il faut travailler!

Vous avez sûrement déjà vos propres raisons pour votre changement hors des produits Google. Mais j’aimerais quand même porter à votre attention le cas de la juge canadienne Kimberly Prost qui, comme nombre de juges de la Cour pénale internationale ont été visés par des sanctions de la part du gouvernement des États-Unis, selon toute apparence pour avoir traité ou participé à des cas qui déplaisent à Trump, notamment ceux à propos d’Israël. Un des effets de ces sanctions est qu’aucune entreprise états-unienne ne peut servir ces personnes. Exit Netflix, Facebook, Disney plus, mais aussi les applications très propagées dans le milieu du travail comme la suite Office de Microsoft. Ce genre de cas pourrait suffire soit à vous enrager soit à vous inquiéter du traitement que pourrait faire la maison blanche des canadiens selon le conflit de l’heure.

Le Québec offre plusieurs solutions de rechange pour les Google Sheets, Docs et autres. La suite Facil découle d’une organisation absolument formidable qui accueille toujours de nouveaux membres. D’ailleurs, j’aime poser mes questions techniques sur les logiciels libres et hébergés localement sur l’instance Mastodon (un type de Twitter fonctionnant sur un protocole libre) Jasette Facil. Allez m’y suivre : @Roxanefutur@jasette.facil.services. Chez les logiciels canadiens, jetez un coup d’oeil à WordPerfect. Je l’ai même vu en vente au Bureau en Gros!

L’épineuse question du nuage informatique

Les services d’infonuage américains ont pris une place dans nos vies de façon insidieuse : autant l’espace de stockage supplémentaire des iPhone que les Google Drive utilisés couramment en entreprise. Pour réclamer votre indépendance des géants du web, il vous faudra trouver un service d’infonuage moins connu, ou gagner la propriété des pièces informatiques pour préserver vos données chez vous (attention, c’est pour les initiés).

Des guides par la suite de logiciels libres français Framasoft vous accompagne dans cette procédure avec leur partenaire Chatons. Vous pouvez aussi vous tourner vers des services de nuages québécois pour protéger vos données et en faciliter le partage. Veillez bien toutefois à ce qu’ils ne soient pas des revendeurs de services de géants comme Amazon. Si vos données se retrouvent aux USA, ils ne profiteront pas de la protection contre des mesures radicales comme le Espionage Act et le Cloud Act qui permet à Uncle Tom de se pencher sur les traces virtuelles de citoyens locaux et étrangers.

Surfez sur les guides et outils de suggestions de substitution pour remplacer progressivement vos services, comme ceux de diffusion de musique en ligne, de sauvegarde de mots de passe, et autre. Je vous en suggère deux : encore une fois PurchaseWithPurpose.io et european-alternatives (c’est en anglais). Si vous voulez un guide en français, je vous conseille aussi l’index de Framasoft, Framalibre.

Le mot de la fin : ranimez votre sens de l’autonomie

Vous connaissez l’allégorie de la grenouille dans l’eau qui réchauffe? Bien que ce ne soit pas basé sur des observations scientifiques, l’image de l’animal qui s’habitue progressivement à l’eau bouillante jusqu’à ce qu’il soit trop tard est parlante. Oui, les géants du web vous cuisent depuis longtemps : ils ont préparé des architectures web et des expériences utilisateurs qui cachent derrière les rideaux de plus en plus de processus, en n’en laissant voir à votre examen qu’un énoncé de conditions d’utilisation un peu plus long, que vous n’avez probablement pas lu de toute façon.

Résultat: vous vous réveillé et vos fichiers sont hébergés par Amazon, vos logiciels sont tous mystérieusement reliés et vous soutirent discrètement 80 $ chaque mois, et tout le monde semble accepter le statu quo. Mais le monde change. Et sans faire un discours aussi éloquent que celui de notre premier ministre canadien Mark Carney à Davos, je pense qu’il est temps pour les citoyens des « pouvoirs moyens » de s’aventurer à installer un ou deux logiciels encensés par des index bien intentionnés afin de voir si un remplacement au règne de Microsoft et Google pourrait bien exister.

Et comme autre geste, partagez mon article dans vos réseaux, ça ne peut pas faire de mal 😜


  1. Palos-Sanchez, P.; Saura, J.R. The Effect of Internet Searches on Afforestation: The Case of a Green Search Engine. Forests 20189, 51. https://doi.org/10.3390/f9020051↩︎

 

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